Histoire                   

                                        MAJ dec 2016

Livre

- Un livre a été écrit par M et Mme Roussel concernant l'histoire de saint Bres (disponible à la bibliothèque)

Travail de recherche

- Travail effectué par Jean-Louis BORRELLY et la contribution de Jean Vedel (pour les fours à chaux)

les fichiers sont téléchargeables (pdf)

Les fours à chaux de Saint Bres (introduction)

Les fours à chaux de Saint Bres (histoire)
Une comtesse à Saint Bres (introduction)
Comtesse de TRUCHIS de LAYS (histoire)
St BRES au 18em SIECLE (introduction)
St BRES au 18em SIECLE (histoire)
Epicerie de la Léonore (introduction)
Epicerie de la Léonore (histoire)

Entretien et souvenirs

SOUVENIRS, SOUVENIRS…

            Exploitant une suggestion du conseil municipal, nous avons rendu visite à Mme Calixte, vice doyenne du village, 93 ans, pour évoquer le passé.

Née à Molières-sur-Cèze, elle est arrivée à St Brès en 1931 aprés son mariage. 

« j’ai commencé à travailler à 13 ans à la filature Neuve (face à la gendarmerie de St Ambroix). On faisait 9 heures par jour et la semaine de 6 jours. Mais ajoute-t-elle, au Vans, c’était 10 heures par jour ! » Loin, loin les 35 heures !...

A St Brès, la majorité des hommes travaillait à la mine, à Molières-sur-Cèze. Comment y allaient-ils ? « Ils faisaient le trajet à bicyclette, mais à Courry, certains y allaient à pied en passant par la montagne et Meyrannes. Après la Libération, il y a eu des camions bâchés, puis des cars pour le transport des mineurs ». Avant la guerre Mme Calixte se souvient qu’il y avait des jours chômés (donc non payés) à la mine.

Comment vivait-on à St Brès ? La réponse fuse : « Chichement ! » Aussi beaucoup de mineurs avaient un jardin, quelques pieds de vignes ou des oliviers. Certains avaient des chèvres, des poules, des lapins. Et puis, comme l’on avait de petits revenus et que la viande était chère, on élevait un cochon nourri aux châtaignes. On recherchait le poids et le gros lard car le cochon devait faire l’année. Le record était de 301 kg. Il y avait au village deux tueurs de cochons : Noé Fabrègue et Fernand Thomas.

A propos, Mme Calixte se souvient d’une aventure cocasse survenue à Achille dit « Cilet »   qui tuait lui-même son porc. Plutôt démuni de matériel, il mettait au sol une herse, puis une échelle et y attachait le cochon. Ensuite, il le saignait. « Mais, raconte en riant Mme Calixte   sous le coup de couteau, le cochon se sauvait avec l’échelle attachée sur le dos ! » Particularité du « Cilet », il sucrait son café d’orge avec du bouillon de figues.

La vie au quotidien passait forcément par l’alimentation. En premier lieu, la boulangerie où régnait un personnage de légende : Dantés, beau frère de Mme Calixte. Qui ne se souvient de la bonne odeur du pain cuit au feu de bois et de la belle balance en cuivre où Mme Calixte mère pesait le pain rajoutant un « quignon ». Pendant la guerre, il y avait une tranche de pain gratuite par enfant. Mme Calixte nous raconte une anecdote de Dantés de cette période : attardé à St Ambroix le soir et ne pouvant franchir le poste allemand à cause du couvre feu, Dantés se faisait volontairement arrêter par les gendarmes qui le remontaient alors en voiture à St Brès. Sacré Dantés !

Il y avait à côté de la boulangerie, le café - épicerie. Mme Calixte a ainsi connu Mme Raymond, puis M. et Mme Fabre, M. Reynard, M. et Mme Chirossel…

Le café servait aussi dans les années 1950 pour le coiffeur ambulant M. Saint Etienne, le « Perlet ». Et puis le cinéma itinérant avec M. Clauzel qui était facteur. C’était aussi le lieu de la cabine téléphonique publique, mais il ne fallait pas raconter de grands secrets, car on entendait tout. 

            Il y avait bien sûr, la Fontaine où l’on allait se ravitailler en eau potable chaque jour et même plusieurs fois par jour. Certains venaient même de Dieusse. L’été il y avait la queue, car le débit diminuait.

Les bassins lavoirs étaient le domaine des femmes qui les utilisaient avec discipline. Le premier bassin était interdit. Le bassin d’en bas était destiné au linge sale, puis on venait rincer au deuxième bassin. Il y avait toujours du monde et comme le souligne Mme Calixte, aujourd’hui quelques (rares) personnes utilisent encore la fontaine et les bassins.

Au sujet de l’eau, Mme Calixte nous rappelle qu’elle a été la première à faire construire une maison individuelle et ce, alors même qu’il n’y avait pas encore l’eau courante (l’adduction d’eau potable date de 1960).

            D’ailleurs, pour pouvoir toucher les primes d’aide à la construction, M. et Mme Calixte avaient dû fournir une analyse d’eau du puits prés de la maison.

Enfin, l’école qui comptait deux classes de cours chacune. M. et Mme Plantier, instituteurs en poste double, ont laissé un grand souvenir dans l’esprit de plusieurs générations d’enfants.

Chaque année, fin juin, il y avait la fête de l’école avec la tournée des gâteaux, le théâtre, les chants et les récitations des élèves, le concours de boules, les jeux, la buvette. Enfin dans les derniers jours de classe, il y avait l’excursion de fin d’année, à l’époque avec le car du "Roger" Malbos (beau-père de l’actuel maire de Courry) à la mer, à la montagne.

Ainsi allait la vie dans le temps passé.

Merci, Alice, de nous avoir reçu, merci de votre gentillesse et de votre bonne humeur. Avec nos meilleurs vœux de santé.

 

Propos recueillis par Dominique Olivéro – Agnel et Jean Vedel.